mercredi 1 juin 2016

Inde : Ganga learning center


Lors de notre séjour à Varanasi, nous avons visité la structure "Ganga learning center" via la "Brown Bread Bakery" qui finance en grande partie le centre grâce aux bénéfices des ventes du restaurant et du magasin de vêtements.

Le centre a été fondé il y a 5 ans :  il a démarré avec 16 élèves et maintenant il en comprend une quarantaine, preuve, s'il en est besoin, de son succès !

Situé en périphérie de Varanasi, dans les quartiers pauvres, on y va en tuk-tuk avec un des gérants du magasin de vêtement et on y passera toute la matinée.

Le centre a plusieurs fonctions, la première est de donner des bases scolaires en hindi, en anglais, en maths et en savoir vivre (se laver les mains, les dents, la politesse, mettre la table..) à des enfants issus de milieu défavorisé (provenant pour la plupart de familles de pêcheurs et de la caste des intouchables) et qui sans ça n'en auraient sans doute jamais eu. La deuxième est d'accompagner aussi les familles, notamment les femmes, en leur donnant du travail : elles s'occupent de la fabrication des vêtements vendus dans la boutique de la "Brown Bread Bakery" et en leur donnant aussi des cours, en particulier de lecture, d'écriture et d'anglais, pour qu'elles puissent suivre la scolarité de leurs enfants.



Les murs extérieurs sont joliment peints, c'est même amusant d'y voir un bonhomme de neige...
On commence par la visite des locaux :

les murs intérieurs aussi sont très décorés....

... avec des affiches relatant des manifestations ou des  séjours de bénévoles.

Les programmes annuel et hebdomadaire

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L'apprentissage de l'anglais est indispensable, surtout pour ces enfants qui grandissent dans des familles où l'on parle hindi la plupart du temps.

Le programme de la journée écrit en hindi et en anglais.

Les fournitures scolaires !
Puis, on rencontre la maîtresse de la classe. Elle nous accueille très bien et chacun des enfants présents va venir se présenter à nous en anglais ! En temps normal (hors saison des mariages), il y a 30 élèves, âgés de 4 à 9 ans, dans la classe mais ce jour, ils ne sont qu'une vingtaine.  


Après la présentation de tous les enfants (ça a bien pris 1h), on assiste la maîtresse pour le cours de maths ! Marie peut alors vérifier qu'elle n'a pas oublié son métier en 3 mois et Antoine arrive à s'en sortir malgré tout...



Il y a à peu près 4 niveaux différents dans la classe (ce qui ne facilite pas le travail de la jeune maîtresse), les plus jeunes sont devant et les plus âgés derrière.


Antoine, en bon élève, note sérieusement le cours.


On aide donc pendant 1h les plus âgés, ils s'entraînent à écrire les nombres en toutes lettres en anglais.




Une fois le cours de maths fini, on a le droit à des chansons / comptines qu'ils ont apprises en anglais.


Les élèves sont très sérieux et disciplinés, c'est impressionnant vu leur jeune âge!


Quand les gestes s'ajoutent à la parole, cela devient assez drôle ! Ils se donnent à fond ! Surtout durant la chanson des "three little monkeys"...


Pendant ce temps, des femmes sont en train de découper les tissus pour les futurs vêtements :


... tandis que d'autres sont en train de les coudre. Il y en avait peu le jour de notre visite car la plupart étaient parties à un mariage.


Le repas de midi, qu'on s'est même fait offrir ! Et qui plus est, un ... thali !


Ce fut une matinée super et très enrichissante. Notre seul regret est de ne pas avoir 1 ou 2 semaines de plus pour y être bénévoles. On décide en repartant que l'on parrainera un enfant quand on sera rentré en France. Ils ont besoin de dons pour agrandir la classe, diversifier les activités, acheter du matériel et donner du travail à davantage de femmes. Pour l'instant, ils ont le projet d'ouvrir une classe musique : une "music academy" pour adolescents de 14 à 16 ans désireux d'apprendre à jouer des intrusments traditionnels que sont les tablas et la cithare. Si jamais vous êtes intéressés, voici le lien vers leur site : Ganga learning center.



Inde : Khajuraho c'est chaud ! (interdit aux moins de 18 ans ...) - du 21 au 22 avril


Après la religieuse Varanasi, nous voici en route pour l'antique Khajuraho, équivalent indien des temples d'Angkor au Cambodge, ou de Polonnaruwa au Sri Lanka. Site évidemment classé au Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, lui aussi, comme Angkor ou Polonnaruwa, a connu son heure de gloire au Moyen-Age puis s'est vu recouvert par la jungle durant les siècles suivant jusqu'à ce qu'au XIXe, un explorateur européen (toujours le même schéma), ici un officier britannique, découvre ses ruines et les dévoile au grand jour, pour le plus grand plaisir des touristes occidentaux , toujours friands de ruines inexplorées, et qui plus est, quand elles contiennent tant de bas-reliefs érotiques...

Bien que le site s'étale sur tout le village de Khajuraho et comprenne un grand nombre de temples, le temps nous étant compté, nous n'avons pu y passer qu'une journée : arrivés de Varanasi par le train de nuit à 5h30, nous l'avons visité le matin pour éviter la chaleur cuisante de l'après-midi, puis nous nous sommes reposés avant de repartir dare-dare dès le lendemain matin pour Agra.


Et comme souvent depuis le début du voyage, nous avons été accueillis par nos amis les bêtes : ci-dessus sans doute un "rollier indien" à l'entrée de la gare, et ci-dessous une horde de "cochons punks" à côté de notre hôtel...


Après leur redécouverte en 1838, il a fallu une quinzaine d'années de travaux pour dégager ces temples perdus dignes d'Indiana Jones de l'inextricable jungle qui les avait dévorés...


On en oublierait presque qu'à son apogée, Khajuraho était l'une des capitales les plus fameuses des souverains Chandela, sous la dynastie desquels furent édifiés la plupart des 85 temples du complexe, entre 950 et 1050 après J.C. . Et leur renommée perdura encore longtemps car le célèbre voyageur arabe Ibn Battuta (qui a par ailleurs aussi fait le pèlerinage de l'Adam's Peak au Sri Lanka) vante encore leur splendeur en 1335.


Selon la légende, la fondation de Khajuraho est liée à une tendre histoire d'amour entre Chardravarman, fils du dieu de la lune et une jolie vierge se baignant (nue évidemment) dans une rivière translucide... Ce qui expliquerait sans doute l'érotisme de "haute voltige" des bas-reliefs et l'omniprésence de corps féminins pour le moins sensuels et divins !

Le grouin ...

... Et le postérieur richement sculpté du dieu Vishnu incarné en sanglier !
Bon, et maintenant, on passe aux choses sérieuses ! Vous êtes sûrement en train de vous dire qu'on vous a vendu du rêve avec notre titre "Khajuraho c'est chaud" et notre interdiction aux moins de 18... Patience, patience, ça arrive ! Car oui, Khajuraho, même si historiquement ce n'est pas lié au Kama Sutra, ça s'en rapproche tout du moins étrangement ! Et même si les sculptures érotiques n'occupent qu'une infime partie (5%) de la surface des temples, il ne faut pas se voiler la face, c'est principalement celle-là qu'on retient, allez savoir pourquoi...

Premier aperçu des ébats amoureux d'un couple en plein Moyen-Age indien...


Comme on peut le constater, la jungle originelle s'est considerablement assagie...


Ne vous inquiétez pas pour ceux qui ne parviennent pas à voir les détails sur cette photo qui vous donne une vue d'ensemble : on a zoomé pour vous sur les photos suivantes...

La représentation du corps féminin semble une obsession des sculpteurs :
"surasundari", "apsara", "nayika", nymphes célestes ou mortelles, danseuses,
elles ont en commun de rivaliser de délicatesse et de sensualité dans des
postures qui les rendent presque vivantes...

Ganesha, encore lui ! Car nous sommes en Inde et évidemment les temples
de Khajuraho sont dédiés aux divinités hindoues...

Même l'intérieur des temples est finement sculpté.

Si l'on trouve tant de scènes érotiques dans les bas-reliefs des temples, alors même que ce sont des édifices religieux (alliance qui nous semble particulièrement exotique selon notre point de vue judéo-chrétien), c'est parce que les sculpteurs voulaient représenter la vie quotidienne jusqu'à dans sa plus stricte intimité... Et sans doute aussi parce que les temples sont liés à la mystique tantrique.

Pour ceux que ça intéresse, en regardant dans le dictionnaire, on apprend que le tantrisme est un culte relevant de l'hindouisme et fondé sur une cosmologie où l'énergie active (féminine ou masculine) privilégie certains rites (comme, entre autres les pratiques sexuelles) ayant pour but l'accomplissement de soi, et pour les plus ambitieux, l'union avec le divin.



Eh oui, ça laisse pantois ! ... On a hésité à la censurer, mais bon, cela reste un vestige archéologique digne d'intérêt :
on y apprend notamment que les peuples antiques avaient sûrement une morale beaucoup plus flexible que la nôtre...
Quoique. Vous avez peut-être remarqué qu'en haut, au centre,
une dame "de bonnes moeurs" se cachait le visage pour s'éviter le spectacle de cette union "bestiale".


Bon, hormis l'érotisme et la zoophilie, on trouve aussi tout simplement quelques animaux exotiques comme ces éléphants ci-dessus (encore un écho d'Angkor) ou comme ces dromadaires...




Le Kandariya-Mahadev, le plus grand des temples de Khajuraho, nous a
conquis, tant par le nombre et la variété de ses sculptures que par son
élégante structure qui culmine avec un "shikhara" de 31m ... À l'instar de
toute tour (clocher ou minaret y compris), ce shikara peut évidemment
être interprété comme un symbole phallique : lingam et shikara sont
en effet vénérés par les Hindous comme des symboles de Shiva.


Ah oui, la voilà ! La fameuse position du poirier ! Admirez la finesse du travail
 du sculpteur qui a su rendre compte de l'enchevêtrement des bras et jambes...
Outre la dimension phallique, le shikhara du Kandiriya-Mahadev, orné de 84
répliques de lui-même, évoque également les sommets empilés de ...
l'Himalaya ! Et en particulier le mont Kailash, demeure des dieux.
Encore un point commun avec Angkor Vat, dont la plus haute tour
symbolisait le mont Meru, autre Olympe hindou.

Au premier plan, le Mahadeva, dédié à Shiva, et au second plan, le Devi Jagadamba, successivement
dédié à Vishnu, Parvati et enfin Kali (déesse adorée par les Thugs d'Indiana Jones). 


Une constante des temples antiques d'Asie :
comme à Angkor, on retrouve ici de féroces lions gardant l'entrée du temple

L'impressionnant shikhara, comme un souvenir de l'Himalaya... 


Partie centrale du Chitragupta





Un temple du soleil non pas inca mais indien : le Chitragupta est en effet dédié au dieu du soleil,
Surya, et c'est suffisamment rare parmi les temples d'Inde du Nord pour être noté !


Un dernier bas-relief érotique pour la route ! Sur lequel, encore une fois, une femme de bonnes moeurs
se cache le visage pour ne pas assister à la scène qu'elle a sous les yeux...

Le "Nandi" : le taureau considéré comme la "monture" de Shiva


Et on termine notre visite en nous hissant sur la terrasse arboricole d'un restaurant, qui, à défaut d'un bon repas, nous offre une vue surplombante sur les temples du groupe ouest...